Accéder au contenu principal

Actualités

Lettre ouverte du CNAL à l'Association des maires de France

Le CNAL, dont la Ligue de l'enseignement est membre, publie une lettre ouverte à la suite des propos de Guillaume Guérin, maire de Limoges, co-président en charge de la commission laïcité de l’AMF, durant la célébration de l'Aïd Al-Adha.

A monsieur David Lisnard,
Président de l’association des maires de France

Monsieur le président de l’Association des maires de France ,

Le Comité national d’action laïque se permet de vous interpeller après la prise de parole de monsieur Guillaume Guérin, co-président en charge de la commission laïcité de l’AMF, durant la célébration de l'Aïd Al-Adha au Zénith de Limoges le 27 mai 2026. "Je suis croyant et je respecte profondément tous ceux qui croient en Dieu, quelle que soit leur religion. Je ne suis pas wokiste. Je considère que, dans la société dans laquelle nous vivons, qui connaît bien des turbulences, pour faire un enfant, il faut un papa et une maman. Et sur ces sujets-là, je crois que nous nous retrouvons."

Cette déclaration est une atteinte manifeste au vademecum laïcité de votre association qui stipule : « La participation à des cérémonies religieuses, en tant qu’élu, devra se faire dans le strict respect de la neutralité républicaine, c’est-à-dire sans manifestation de sa propre croyance ou non-croyance ». Par ailleurs, ces propos sont contraires à la loi du 22 décembre 2025 qui a modifié la charte de l’élu et qui est introduite par ces mots : « Dans l'exercice de son mandat, l'élu local s'engage à respecter les principes de liberté, d'égalité, de fraternité et de laïcité ainsi que les lois et les symboles de la République. L'élu local exerce ses fonctions avec impartialité, diligence, dignité, probité et intégrité. Dans ce cadre, il poursuit le seul intérêt général, à l'exclusion de tout intérêt qui lui soit personnel, directement ou indirectement, ou de tout autre intérêt particulier. »

Enfin, tout lieu de culte ne peut être l’endroit de discours à visée politique. Il contrevient ici à la loi de 1905 dans son article 35 « Si un discours prononcé (ou un écrit affiché ou distribué) publiquement dans les lieux où s'exerce le culte contient une provocation directe à résister à l'exécution des lois ou aux actes légaux de l'autorité publique ». Cette provocation peut amener une amende et une peine d’emprisonnement.

Or, dans ce discours, monsieur Guérin, au-delà de ne pas respecter la charte de l’élu et ses obligations, stigmatise clairement les familles homoparentales. Faut-il encore rappeler que ces familles bénéficient des mêmes droits que toutes les autres et que les personnes LGBT+ sont déjà confrontées à de nombreuses discriminations, que les élus ont précisément pour mission de combattre et de dénoncer ?

Aussi, par cette lettre ouverte, le Cnal vous demande, monsieur le président, que le co-président revienne sur ses propos discriminatoires et qu’il soit démis de ses fonctions de responsable de la commission laïcité de votre association. À travers ses mots, monsieur le maire de Limoges bafoue le principe de laïcité et montre un bien piètre exemple à ses pairs.

Veuillez croire, monsieur le président, en notre sincère attachement à nos valeurs et principes républicains que votre association doit promouvoir dans les meilleures dispositions possibles.

Marie-Laure Tirelle, secrétaire générale du Comité National d'Action Laïque.